Illustratrice : souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?

Illustratrice : souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?
26 juillet 2021 Marie Bambelle
In Mindset
bd syndrome de l'imposteur case 1

Que vous soyez illustratrice professionnelle ou artiste amatrice, alors je dirais qu’il y a environ 112% de chances que vous soyez atteinte du syndrome de l’imposteur.

Dans cet article, je vous explique comment le reconnaitre et d’où il vient. Car prendre conscience d’un problème, c’est déjà l’avoir à moitié résolu.

Syndrome de l’imposteur chez les illustratrices : tour d’horizon

bd syndrome de l'imposteur

Parce que la vraie question à se poser avant de commencer, c’est : qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ? D’où vient-il ? Que font ses parents ?

Le syndrome de l’imposteur c’est quoi ?

Souffrir du syndrome de l’imposteur, c’est le fait de ne pas se sentir légitime dans un rôle.

Par exemple :

  • ne pas oser affirmer qu’on est illustratrice
  • avoir l’impression de ne pas mériter son nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux
  • penser qu’on est “pas assez bonne” pour accepter ce super projet d’édition qu’on nous a offert sur un plateau d’argent

Le syndrome de l’imposteur chez les illustratrices

Chez les illustratrices et les artistes en général, le syndrome de l’imposteur se manifeste par une remise en cause profonde de nos compétences, de nos qualités, de notre travail, de nos œuvres, de nos services ou créations …

On en vient alors à penser des choses comme :

  • « Je ne vois pas comment je pourrais percer dans l’illustration alors que je n’ai pas fait d’école d’art »
  • « Pfff… Mes illustrations sont vraiment NULLES ! Je ne vois même pas pourquoi cette prestigieuse maison d’édition me propose ce contrat de rêve »
  • « Mais pour qui je me prends en fait ?!  Je suis qui pour vouloir être publiée et vendre mes œuvres ?»
  • « Ohlala ! Mais à quoi bon commencer à dessiner alors que tout à déjà été fait en TELLEMENT MIEUX  et que moi je vais dessiner de la merde ? »
  • « Han mais je ne vais pas annoncer sur Instagram que je prends des commissions,tout le monde va TELLEMENT me JUGER ! »
  • « Je n’ai pas assez d’expérience… Allez, une 50e formations et ça ira mieux après »
  • « Mais je n’ai pas de diplôme ! Je suis autodidacte ! Je ne suis pas légitime pour vendre mes œuvres ou les montrer !”
  • « Mes clients m’ont déjà payé, mais j’ai honte de leur avoir pris leur argent pour mes dessins. Je ne vaux pas tout ça ! »
  • « Les gens vont se rendre compte que je suis nulle ! »
  • ” A quoi bon investir en moi-même puisque je suis nulle ? Je n’en vaux pas la peine !”

Je vous jure que toutes ces phrase, je les ai entendues dans la bouche de mes clientes et élèves. Et ça me brise le cœur à chaque fois.

Et je suis désolée de vous informer que si vous vous êtes reconnue dans l’une des phrases ci-dessus, vous souffrez du syndrome de l’imposteur vous aussi.

D’où vient le syndrome de l’imposteur chez les illustratrices ?

Mais qui a mis ces pensées de merde dans nos têtes ? D’où vient le syndrome de l’imposteur ?

De l’éducation

Le syndrome de l’imposteur vient tout d’abord de l’éducation qu’on a reçu, surtout en France où pour être perçue comme légitime dans un domaine, les diplômes sont très importants.

Pas de diplôme ? Pas de légitimité !

En plus, on apprend depuis toutes petites à être dans la compétition en permanence, à se battre pour être la meilleure et à travailler DUR.

Alors se lancer dans l’illustration, c’est la quasi-certitude de se prendre le syndrome de l’imposteur de plein fouet dans la tête.

En effet on est à la fois dans un domaine BIEN subjectif (l’art, la création) où on ne peut pas dire « qui est le meilleur » et dans le champ de la « passion ».

Car oui, généralement, les illustratrices sont PASSIONNÉES. Par conséquent, elles travaillent certes, elles travaillent même beaucoup (voire énormément), mais elles n’ont pas l’impression de travailler « dur ». On dirait presque qu’il y a une règle du jeu qui dit : « Kiffer n’est pas jouer, si vous prenez trop de plaisir dans votre boulot, c’est que vous n’avez pas travaillé assez dur pour être légitime ».

Et si on n’a pas travaillé assez dur pour être se sentir légitime… C’est le syndrome de l’imposteur.

De sa confiance en soi

(Enfin… Du manque de confiance en soi)

Là, pas de mystère. Se sentir illégitime est souvent lié à un manque de confiance en soi. On a peur de mal faire, de ne pas savoir, de rater, d’être jugée, moquée… Et même d’avoir trop d’ambition !

Il faut dire que nous vivons dans une société où les artistes sont mal considérés d’une part, mais également qui nous enseigne que les femmes “valent” moins que les hommes (les maisons d’édition font des contrats moins chers, leurs œuvres sont moins cotées sur le marché de l’art…).

Dans ces conditions, quand on est illustratrice (ou qu’on a l’ambition de le devenir bientôt), comment ne pas se prendre le syndrome de l’imposteur de plein fouet ?

Du fait qu’on se compare

Aaaaah, « les Autres ». Les fameux « Autres ». Celleux qui « réussissent mieux », qui ont un milliard de fois plus d’abonné·e·s que nous (au moins), qui sont tellement plus brillant·e·s, plus talentueu·x·ses, plus doué·e·s, plus heureu·x·ses… Enfin on dirait quoi… D’après ce qu’iels postent sur les réseaux sociaux.

Mais se comparer avec les autres est une ÉNORME erreur et provoque très souvent l’apparition d’une crise aigüe de syndrome de l’imposteur. Car s’il est bon d’avoir des « role models » lorsqu’on est illustratrice, il ne faut pas pour autant perdre de vue qu’on en est pas DU TOUT à la même étape de notre parcours.

Si vous débutez, vous ne pouvez pas vous sentir illégitime de ne pas avoir 30000 abonnés sur Instagram comme « Machine » qui dirige sa business depuis 5 ans !

Ne comparez pas le chapitre 1 de votre aventure au chapitre 72 de quelqu’un d’autre !

De l’avis des autres.

S’il est parfois bon d’écouter l’opinion des autres, surtout s’iels sont plus avancés dans leur entreprise que nous, il faut en revanche éviter à tout prix d’écouter les avis plus ou moins bien intentionnés de celleux qui n’y connaissent rien, qu’il s’agisse de vos amis, de votre famille ou d’inconnus sur Internet.

Car ces opinions ne reflètent que deux choses

  • leur point de vue sur la situation, forcément tronqué parce qu’iels ne sont pas concerné·e·s
  • leurs propres croyances limitantes, liées à leur propre histoire (et donc pas à la votre)
  • leur peur pour vous.

Donc, ces jugements ne reflètent en aucun cas votre valeur personnelle ou celle de vos illustrations.

Heureusement, des solutions existent et nous permettent de le maintenir sous contrôle… Pour une créativité au top et un challenge renouvelé !

Quelles sont les conséquences du syndrome de l’imposteur chez les illustratrices ?

Ralentir votre progression et votre carrière

Car si vous êtes persuadée que vous ne méritez pas ce qui vous arrive, que vous n’êtes pas assez bonne pour [compléter avec ce qui vous vient]… Eh bien vous ne démarcherez pas de clients, vous ne tenterez pas de nouvelles choses, vous ne répondrez pas aux annonces des entreprises qui ont besoin d’illustrations…

En un mot, vous aurez tendance à vous auto-saboter. C’est ce qu’on appelle une “prophétie autoréalisatrice”.

Être trop modeste

Le syndrome de l’imposteur chez les illustratrices, se manifeste aussi souvent par une tendance à être trop modeste.

Ainsi, si on attribue ses échecs à ses propres erreurs (« SI J’AI RATÉ C’EST PARCE QUE JE SUIS TROP NULLE »), on aura tendance à donner le crédit des réussites à la chance ou au hasard.

Par exemple :

« Oh non, vraiment, ce super contrat de licensing, je n’y suis pour rien. J’étais juste au bon endroit au bon moment, j’ai vu de la lumière et je suis entré. Rien à voir avec mes compétences de ouf ni avec la qualité de mon dessin ».

Se sentir « bloquée »

Le syndrome de l’imposteur chez les entrepreneuses créatives provoque souvent l’impression d’être bloquée ou de ne rien avoir d’intéressant à dire. On se retrouve alors à être peu satisfaite de ses créations et se mettre la pression pour « produire ».

(Spoiler alert : c’est rarement une bonne chose)

Déclencher un blocage artistique

Le blocage créatif est la pire chose qui puisse arriver à une illustratrice. C’est se trouver tellement nulle qu’on arrête de créer car « à quoi bon puisque tout ce que je vais faire sera nul ? ». C’est tomber en panne d’inspiration pour une période plus ou moins longue et là, on ne va pas se mentir…

7 manières de gérer son syndrome de l’imposteur quand on est illustratrice

Bon, maintenant qu’on sait que c’est la merde dans notre cerveau, et qu’on est bien déprimées, qu’est-ce qu’on fait ? Voici quelques pistes à explorer.

1 – Rationaliser

En effet, être consciente du problème est la première étape pour s’en débarrasser. Lorsque vous passez par une crise de syndrome de l’imposteur, demandez-vous si vos impressions sont justifiées ?

Si c’est le cas, faites le nécessaire pour résoudre le problème.

Si ce n’est pas le cas, respirez et gardez à l’esprit que l’impression de ne pas être légitime va passer.

2 – Montrer de la gratitude pour le chemin accompli

Reconnaitre les victoires et les succès, c’est ce qui permet de gagner en confiance en soi. La taille ne compte pas pourvu que vous teniez le compte de tout ce que vous avez accompli jusqu’à maintenant, de tous vos apprentissages…

Soyez FIÈRE et rendez-vous compte que vous êtes capable.

3 – Se concentrer sur son but

Rappelez-vous pourquoi vous faites ça. Pourquoi vouliez-vous faire de l’illustration  ?

Sans doute parce que c’était un besoin profond et authentique : vous aviez de grandes ambitions, de belles idées.

Et un besoin de cette profondeur, est-ce que ce n’est pas déjà en soi une légitimité ?

4 – Arrêter de copier sur la voisine

On a pas 5 ans, vous n’êtes pas en plein milieu d’un contrôle de maths donc arrêtez de copier ce que font les autres !

En art, il n’existe pas de bonne-réponse-universelle. Chaque illustratrice trouvera une manière différente d’exprimer ce qui lui tient à cœur. Alors ce n’est pas la peine de vous flageller en constatant que Bidule a encore dessiné un truc tellement génial que vous auriez aimé en avoir l’idée.

A trop regarder la copie de la voisine, vous finirez par perdre votre identité.

Or, votre identité, c’est justement ce qui fait de vous une illustratrice et une artiste unique… Et donc légitime !

5 – Arrêtez de se comparer

Si vous ne regardez plus ce que font les autres, vous n’aurez plus l’impression d’être « moins douée ».

Je ne vous dis pas de vous couper de tous les réseaux, de ne plus vous tenir au courant de ce qui se fait dans votre thématique. Mais simplement de réduire le flux et de penser qu’il n’y a que vous qui pouvez faire les choses à VOTRE manière.

Et les autres illustratrices ont beau être brillantes, douées et hyper à l’aise dans leur business, elles ne sont pas VOUS.

 

6 – Agir

Connaissez-vous ma super-technique secrète pour vaincre son syndrome de l’imposteur ?

(Attention, je vous préviens, c’est costaud.)

C’est tout simplement de passer à l’action ! (tiens tiens… ça ne vous rappellerais pas quelque chose, ça ?)

(Je vous avais prévenu !)

Plus vous agirez, moins vous aurez peur et plus vous serez légitime. Car dans le processus, vous gagnerez de l’expérience.

7 – Continuer de progresser

Il ne faut pas vous dévaloriser, mais il ne faut pas non plus vous reposer sur vos lauriers. Vous avez monté une marche c’est bien. Mais vous n’êtes pas encore en haut de l’escalier !

Alors continuez à vous former, à apprendre, à créer… Et c’est comme ça que, petit à petit, vous arriverez à gérer votre syndrome de l’imposteur.

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  1. […] de progresser ou de devenir une “vraie” artiste. Je souffrais d’un énorme syndrome de l’imposteur qui me faisait me sentir très mal ou très déterminée, selon les jours (et on ne va pas se […]

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